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Jean-Claude Englebert
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Choisir entre Valls et Dieudonné?

1/12/2014

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Photo"Sûr de lui et dominateur" - dessin de Tim paru dans L'Express à la suite d'une déclaration du Général de Gaulle (Extrait de L'autocaricature de Tim Ed. Stock) - Cliquer pour voir l'article de Médiapart sur la question.
Ce qui n'aurait du rester que gesticulations pathétiques d'un ex-humoriste reconverti dans le business très lucratif de l'exploitation des frustrations a pris une dimension d'affaire d'état suite à la virile position du ministre de l'intérieur, « Premier Flic » de France, déterminé à le faire taire.
À la base, il est utile de le rappeler, une histoire de gros sous : le business de la quenelle rapporte, grâce aux « spectacles » mais pas que.
Ainsi, madame Noémie Montagne, compagne de vie du ci-devant Sieur Mbala Mbala, n'a en effet pas hésité à déposer les marques « quenelle » et « quenelle + » (voir ici).
À la clé, une lutte commerciale avec leur ancien pote Alain Soral (voir ici l'article du Monde Diplomatique pour une bio de cet ex-coco, nouveau facho). Côté quenelle, ce sont tee-shirts, verres, peluches,.... Soral, lui, partage gratuitement ses idées pourries mais vend livres, vins, articles de survie et « produits sains » contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Ce serait insulter les caniveaux que d'y ramener les spectacles, vidéos et déclarations tonitruantes de l'un et la production « intellectuelle » de l'autre. On peut s'en effrayer et on a raison : si je partage l'avis de l'infiniment regretté Desproges selon lequel on peut rire de tout (mais pas avec n'importe qui), je dois avouer que monsieur Mbala Mbala me fait autant rire que d'assister à n'importe quelle situation où un faible se fait humilier avec brutalité. Ce qui est effrayant n'est pas uniquement ce qui est dit ; c'est surtout le succès que ça obtient.
Je signale aux aimables lecteurs qui auraient découvert de nouvelles raisons de s'effrayer avec ces « spectacles » qu'ils devraient sortir un peu plus de chez eux. On découvre (notamment dans les forums en ligne de la presse traditionnelle) un florilège de « solutions finales » à tous les problèmes que nous vivons : rétablissement de la peine de mort, expulsion des « étrangers », même nés en Belgique (voir par exemple ici les insultes dont la sénatrice Zakia Khattabi a été l'objet), internement des chômeurs, allocataires du CPAS et autres « parasites » en camp de travail etc...
Bref, oui, les spectacles du compagnon de Noémie Montagne normalisent la haine mais, non, hélas, ils n'inventent rien de neuf.
En parlant de quenelle, on m'objectera qu'il y eut dans l'histoire des signes physiques de ralliement au destin funeste. Certes. Je ne pense cependant pas que si le vieillissant Hindenburg avait obtenu des nazis qu'ils fassent leurs campagnes électorales les mains dans les poches plutôt que le bras tendu, cela aurait modifié le cours de l'histoire. À nouveau, oui, ces gesticulations sont effrayantes. Mais, non, le problème ne se trouve pas là au premier chef.
Après s'être (lamentablement) écrasé lors du processus d'élections primaires du PS français en vue des élections présidentielles de mai 2012, l'actuel « premier flic de France » a réussi une reconversion remarquable en obtenant une position de premier rang dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. En s'attaquant aux propos nauséabonds tenus dans un spectacle qui n'en demandait pas tant pour se faire un peu de publicité gratuite, on peut évidemment trouver en lui un défenseur de la veuve, de l'orphelin et des minorités zopprimées. Premier problème : il a affirmé que les Roms (minorité oubliée, opprimée et largement inconnue dans sa substance) n'avaient pas vocation à s'adapter au mode de vie français (77 % des personnes répondant à un sondage se sont déclarées favorables à ces propos). Second problème : il a l'indignation sélective, puisqu'il fut bien silencieux lorsque le député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, s'est posé la question de savoir si « Hitler a tué assez de Roms ». Enfin, en se focalisant sur l'anti-sémitisme difficilement niable de Mbala Mbala alors qu'il s'est déclaré « lié de manière éternelle à Israël », il alimente lui-même les élucubrations insupportables de « complot ».
De manière plus fondamentale, interdire à un individu de monter sur scène en raison de ce qu'il pourrait dire est un poison infiniment plus dangereux que le péril sensé être combattu : on rentre ainsi de plain pied dans « Minority Report », roman de Philip K. Dick où les suspects sont condamnés avant d'avoir fait quoi que ce soit.
On est là en présence d'un combat entre exploitations affairiste et politique de logiques de haine et de recherche incessante de bouc-émissaire. Cette déflagration, ce déploiement de bêtise crasse sont d'une dangerosité extrême.
C'est ça, avant toute chose, qui doit être combattu sans relâche.

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Après le pacte budgétaire européen, la clarification

1/5/2014

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Voilà. C'est fait. Les différents parlements belges ont adopté le « pacte budgétaire européen » (ou TSCG, pour Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance). Raoul-Marc Jennar en a expliqué les modalités dans un article intitulé « Deux traités pour un coup d'état européen ».
Ecolo, mon parti, a fait adopter le TSCG par ses parlementaires des entités fédérées. Cette décision fait suite à un long processus qui a abouti à un vote en ce sens du parlement interne d'Écolo, le Conseil de Fédération. L'adoption (assortie d'exposés de motifs) ne convainc pas tout le monde. La question de savoir comment continuer à travailler ensemble doit d'abord être traitée de manière interne.
Le TSCG impose une austérité budgétaire mécanique. Cela posera des problèmes pratiques dans notre pays et dans nos Régions et Communautés, puisqu'il impose (entre autres) mécaniquement de réduire la dette publique vers les 60 %, sous peine de sanctions automatiques. Les investissements sur l'avenir (énergies renouvelables, transports publics, logements,...) seront touchés en premier lieu, y compris ceux qui auraient généré des économies dans la durée ! La « Règle d'Or » a force de loi indépassable avant tout débat démocratique parlementaire sur le budget annuel des états.
Enfin, l'adoption du TSCG consacre une défaite politique majeure. À l'exception de quelques militants, la population dans son ensemble ne s'est absolument pas emparée du débat. Cette défaite symbolique consacre le renoncement à l'investissement politique, sur le mode « tout cela semble tellement loin et compliqué... » ou « j'ai déjà bien assez de problèmes comme ça » ou encore « qu'on commence par supprimer le gaspillage de... ».
De manière plus grave, cette défaite consacre aussi l'absence de lien de cause à effet entre l'action politique et le quotidien, comme si la vie, ce qu'on voit et sent (des classes scolaires bondées, des transports en commun déficients, les sans-abris, le sous-financement de la culture,...) n'était qu'une série d'anecdotes sans relation avec les politiques menées.
Alors, comme dirait l'autre, que faire ?
Avant tout, prendre ce traité pour ce qu'il est. Depuis le début de la crise de la dette grecque, en 2010, les instances européennes naviguent à vue et sont capables de contourner des traités fondateurs face à un imprévu (par exemple donner des valeurs différentes à une monnaie unique, comme à Chypre ; voir ici). Dans ce contexte, on pourrait sourire de ce qu'un traité d'austérité entre en vigueur alors même que, au Fonds Monétaire International même, on reconnait une « légère erreur de calcul » concernant les effets positifs de l'austérité (voir ici, par exemple) si les conséquences quotidiennes de cette austérité n'étaient pas si dramatiques.
Ensuite, ne pas commettre l'erreur d'attendre que ce beau dispositif se casse la figure. L'austérité (aveugle en particulier) a une fâcheuse tendance à produire des idées d'extrême-droite. L'humain est un drôle d'animal qui s'en prend au premier bouc émissaire venu lorsqu'il souffre sans savoir pourquoi (c'est expliqué ici dans un bouquin écrit par le philosophe Bernard Stiegler). Il faut donc garder les mains dans le cambouis de l'explication au quotidien, dans le combat contre TINA, le « There Is No Alternative » cher aux conservateurs et consacré par le TSCG.
Enfin, l'adoption du TSCG inscrit dans les Constitutions une forme particulièrement virulente de capitalisme financier. On ne peut à la fois soutenir le TSCG et désirer un futur où "le libre développement de tous serait à la fois le but et la condition du libre développement de chacun", puisque la Règle d'Or s'interpose avant ces questions banalement humaines... S'opposer au TSCG et à ses effets à venir revient à combattre un système dans son ensemble.
A minima, on pourra se réjouir d'une telle clarification...

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    Jean-Claude Englebert

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